Noel Phil Hearing

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Photos entête hiver © Josée Richard

 

 

 

 


C’était au temps de la Pax romana 

  • Claude Julien, curé
  • Est-il nécessaire de rappeler que sous l’empereur Auguste, soit de l’an 24 avant Jésus-Christ jusqu’à l’an 14 de notre ère, les nations de l’empire romain jouissaient d’une relative paix facilitant un commerce florissant et permettant ainsi la libre circulation des personnes et des biens? Est-il opportun de mentionner que cette « Pax romana » s’est poursuivie avec le successeur d’Auguste, l’empereur Tibère (de 14 à 37), à propos duquel, Jean-Christophe Petitfils dans son excellent livre intitulé Jésus, souligne que l’historien Tacite disait avec son laconisme habituel « sub Tiberio quies », «  sous Tibère tout était calme » ?
  • Que cette « Pax romana » ait servi de cadre à la naissance et à la vie de Jésus n’est pas anodin. Car, que signifie cette naissance, si ce n’est la concrétisation d’une espérance inscrite au cœur de toute personne humaine voulant que toutes les nations en arrivent un jour à vivre en paix les unes avec les autres ? Célébrer cette naissance, n’est-ce pas célébrer par anticipation et à notre niveau cet idéal en l’actualisant dans les relations humaines qui sont à notre portée, relations familiales, relations de voisinage, relations dans nos lieux de travail, dans nos différents groupes d’appartenance ? La fête de Noël n’est-elle pas un vaste théâtre sur lequel s’exhibe en toute liberté notre besoin d’aimer et d’être aimé sachant bien que la paix entre les nations commence par la paix entre nous ? Pourquoi ne pas envisager cette fête de Noël comme le rapatriement de la « Pax romana », référence pour l’année qui s’annonce ?
  • Mais le cœur humain est insatiable. Il veut toujours plus. À vouloir trop en faire d’aucuns sombrent dans l’agitation entrainant son lot d’insatisfactions. Noël est là pour rappeler que l’amour ne se vit pas seulement à l’horizontale c’est-à-dire dans nos rapports les uns avec les autres mais aussi à la verticale c’est-à-dire dans l’exploration des profondeurs de nos êtres, là où loge une parcelle du divin, cette petite voix qui appelle au dialogue avec le Créateur, qui ― osons cette assertion! ― aurait profité de la « Pax romana », pour s’approcher de notre monde, s’approcher de son monde.
  • Cette « Pax romana », ne marque-t-elle pas une étape importante dans l’histoire de notre humanité, étape illustrant un monde suffisamment évolué pour recevoir la nouveauté qu’apporte l’enfant de la crèche ? Un enfant couché dans une crèche dans un hameau perdu ! Avons-nous besoin d’une illustration plus éloquente pour exprimer ce refus du Créateur d’intervenir en force dans l’histoire du monde ? D’aucuns auraient souhaité moins de discrétion… « Ah ! Si Dieu existait, il ne permettrait pas les guerres, les famines… ! ». Justement, la célébration de Noël nous annonce éloquemment le refus de Dieu de prendre les commandes du monde! Il passe par l’enfant de la crèche qui, une fois qu’il aura atteint l’âge de la maturité deviendra le modèle à suivre, l’idéal à atteindre, le prototype de l’être humain dans sa dimension la plus évoluée, entrainant à sa suite notre humanité en devenir vers son ultime perfection.
  • Aujourd’hui, la « Pax romana » ne dépend plus d’Auguste ni de Tibère. Jésus a pris le relais… À nous de nous placer dans son sillage.